Barat casse la baraque !
Publié le 25 Mai 2015
Sur la scène du théâtre du Marais à Paris jusqu’au 27 juin prochain, Laurent Barat, cet humoriste, natif de Nice, connaît beaucoup de succès ces temps-ci et encore plus depuis qu'il a assuré les premières parties de Gad Elmaleh. Entretien avec un artiste qui a (presque) grandi, comme le dit si bien bien le titre de son spectacle, mis en scène par Pascal Légitimus.
Comment êtes-vous devenu humoriste ?
Tout jeune, j'ai aimé la scène, surtout en 3ème quand j'ai fait du théâtre. Petit, j'étais timide, et plutôt suiveur que leader, alors je faisais rire les autres, ça m'a aidé. Plus tard, j'étais le comique de service chez les amis. Un jour, ils m'ont dit tu devrais envoyer une vidéo à Noëlle Perna alias Mado la Niçoise. Je l'ai donc fait. En 2008. Neuf mois plus tard, elle m'a appelé, m'a demandé si j'avais un spectacle, je lui ai dit oui bien sûr même si ce n'était pas vrai. J'en ai écrit un en trois semaines. Noëlle Perna m'a alors dit : "Le texte... non ! Mais l'énergie... Oui ! Donc, retravaille le texte". Six mois plus tard, je faisais ses premières parties.
Pendant longtemps vous avez cumulé deux carrières !
Oui, j'étais salarié le jour à l'Aéroport de Nice et humoriste le soir. Il fallait bien que je paye mon loyer, les factures... Mais lorsque votre propre chef de service vous demande un autographe, là vous vous dites qu'il est temps de faire un choix (rires). Et puis, sincèrement, ça devenait compliqué à gérer. Quand on fait huit fois l'Olympia avec Gad Elmaleh ou des Zénith, et que le lendemain il faut retourner bosser, c'est difficile. Je me souviens une fois où Gad a mis à ma disposition son jet privé pour que j'aille au bureau. Ce gars est extraordinaire.
Justement, comment avez-vous rencontré Gad Elmaleh ?
Il cherchait une première partie pour rôder son spectacle à Nice. J'avais déjà fait Mado et Les Chevaliers du Fiel. Ça s'est fait comme ça. Gad Elmaleh est très simple, très sympa. J’ai fait 67 dates avec lui. Ça a bien marché, les gens étaient au rendez-vous. J’étais sur scène devant plus de 3000 personnes. C’était juste magique.
Que vous a apporté le fait de faire ses premières parties ?
Il y a eu un effet Gad sur ma présence sur scène, mon jeu, c'est sûr. Aujourd’hui, j’arrive plus serein, moins stressé. J’ai beaucoup appris.
Qu'est-ce qui vous inspire ?
La bêtise humaine m'inspire beaucoup. Les trucs qui contrarient les gens. Le quotidien d'un trentenaire comme moi. Et puis, j'ai travaillé dix ans dans un bureau où il n'y avait que des femmes, qu'est-ce qu'elles sont méchantes entre elles ! Ça, c'est très inspirant pour un sketch !
Comment travaillez-vous vos sketches ? Vous écrivez seul ?
Oui, j'écris seul. Je note une idée dès que j'en ai une sur mon MacBook qui est devenu mon plus fidèle compagnon. On ne se quitte jamais... Actuellement, j'écris mon deuxième spectacle qui devrait s'appeler "D'une vie à l'autre". Je vais évoquer mon aventure artistique, ma double vie qui n'appartient vraiment qu'à moi.
Devant qui testez-vous vos nouveaux numéros ?
Devant mon producteur, ma famille et mes amis et sur scène également, quand c'est possible au Théâtre des Oiseaux par exemple. Noëlle Perna et Gad Elmaleh me donnent aussi leur avis. C'est important pour moi et un vrai privilège.
Et vous, qui vous fait rire ?
Quand j'étais petit, c'était Roland Magdane et le Québécois Michel Courtemanche. Aujourd'hui, j'aime beaucoup Gad Elmaleh, Jamel Debbouze, Anthony Joubert...
Vous avez participé à l'émission de Laurent Ruquier On ne demande qu'à en rire sur France 2, pas trop difficile ?
J'ai fait trois passages. On m'a recontacté, mais j'avais déjà suivi un autre chemin. Et puis, je n'avais pas trop envie de me faire buzzer alors que je faisais les premières parties de Gad ou de Michaël Gregorio (rires).
On dit de vous que vous êtes un comédien complet, avez-vous envie de cinéma ?
Bien sûr que j'en ai envie. Je ne veux toutefois pas brûler les étapes. Pour le moment, j'ai un vrai plaisir à être sur scène. Le rapport avec les spectateurs, c'est quelque chose d'unique. Leur gentillesse chaque soir, cette communion entre eux et moi, ce n'est que du bonheur. Avant je travaillais dans un centre d'appels et les gens n'étaient jamais contents...
Comment aimeriez-vous conclure cet entretien ?
J'ai envie de dire que si les gens ont un rêve, qu'ils aillent jusqu'au bout. Il est toujours temps après de retourner la situation. Car il ne faut pas vivre de regrets.
Et pour les spectateurs qui ne sont pas encore venus vous voir ?
Que je suis un humoriste qui s'ouvre sur scène. Je suis sincère, ça touche beaucoup de gens. En fait, je suis un comique gentil, pour tout public.